Postmarxism + Marketing 2.0 + Math. Logic = ArtWar(e)
DEATH OF THE CURATOR

ArtWar(e) is a platform for « artistic risk management » and « computer assisted curating ». It revisits art history, performative and relational artistic attitudes and curating practices, by using contemporary methods recycled from 2.0 marketing, post-marxist analysis, as well as new breakthroughs in mathematical logic.

EXHIBITIONS

Nov 27, 2010
Workshop ArtWar(e)
Centre Pompidou, Paris

Nov 26 - Dec 4, 2010
Rencontres Internationales
Paris-Berlin-Madrid,
Centre Pompidou, Paris

Objectifs dystopiques

1. Les cycles de Hype

Le cycle de Hype (ou courbe de Hype) est une courbe représentant le cycle de vie d’une technologie de son développement à ses applications commerciales.
Le terme de « cycle de Hype » a été inventé par Gartner Inc., une entreprise américaine de consulting et de recherche dans le domaine de la technologie.
Depuis 1995, Gartner se sert du cycle de Hype pour caractériser les attentes exagérées et les déceptions qui apparaissent avec l’introduction de nouvelles technologies. Depuis cette année là, Gartner produit une étude annuelle sur les cycles de Hype des technologies émergentes afin de définir leur degré d’avancement et d’évolution. L’étude est résumée dans un graphique montrant l’endroit où se situent les nouvelles technologies sur la courbe de Hype et donnant une estimation du nombre d’années avant que la technologie soit massivement acceptée, par quelles étapes passent les nouvelles technologies et quand celles-ci commencent à être rentables.

La courbe de Hype est caractérisée par cinq phases :

  • Phase 1 : La percée de la nouvelle technologie, « Technology Trigger »
    La première phase décrit le développement et la percée de la technologie. La nouvelle technologie génère un intérêt croissant.
  • Phase 2 : Le sommet d’attentes surdimensionnées, « Peak of Inflated Expectations »
    Lors de la seconde phase, le marché a des attentes importantes vis-à-vis de la technologie, caractérisées par un enthousiasme surdimensionné et des attentes surréalistes. Les nouvelles technologies peuvent certes avoir des applications réussies mais il ne faut pas oublier les nombreux échecs qu’elles rencontrent.
  • Phase 3 : Le minimum de désillusion, « Trough of Disillusionment »
    La troisième phase est une phase de décroissance rapide ; la technologie ne répond pas aux trop grandes attentes du marché. Cette phase est aussi caractérisée par un phénomène de mode ; les médias abandonnent le sujet et on entend de moins en moins parler de la nouvelle technologie.
  • Phase 4 : La pente d’éclaircissements, « Slope of Enlightenment »
    Lors de cette phase, bien que les médias aient abandonné le sujet, certains domaines, entreprises ou laboratoires continuent à développer et tester cette nouvelle technologie. Ils commencent à trouver des avantages et des applications commerciales de cette nouvelle technologie.
  • Phase 5 : Le pallier de productivité, « Plateau of Productivity »
    Une technologie atteint le pallier de productivité lorsque ses apports et ses bienfaits deviennent massivement visibles et acceptés. La technologie devient de plus en plus fiable et évolue constamment. La hauteur finale du pallier de productivité dépend du domaine touché par la technologie ; si la technologie touche un phénomène de masse ou s’il ne s’agit que d’un créneau sur un marché particulier, la hauteur du pallier ne sera pas la même.

2. Les cycles de Kondratieff

Un cycle de Kondratiev est un cycle économique de l'ordre de 40 à 60 ans aussi appelé cycle de longue durée. Mis en évidence dès 1926 par l'économiste Nikolai Kondratiev dans son ouvrage Les vagues longues de la conjoncture, il présente deux phases distinctes : une phase ascendante (phase A) et une phase descendante (phase B).
Selon Kondratiev, la phase ascendante A, s’accompagne progressivement d’un excès d’investissement réalisé par les entreprises pour faire face à la concurrence, ce qui provoque une hausse des prix, les industriels répercutant leurs coûts de production sur les produits, et des taux d'intérêt qui augmentent face à la forte demande de monnaie. Dans cette phase A, l’économie est prospère, l’inflation galope, les taux d’intérêts remontent, les capacités d’investissement affluent. Il s'ensuit, dans la phase B, un déclin de l’activité économique durant laquelle les prix baissent, dû à excès d'offre et à une baisse de la demande, ainsi que les taux d'intérêts ; la baisse de la consommation et des investissements entraîne une baisse de la demande de monnaie. Cette phase B voit le retournement du cycle avec une économie plus dure, les prix baissent, la production diminue, c’est la récession. Cela permet une purge du système et prépare le terrain pour une nouvelle phase de croissance.

Pour chacun des cycles, Kondratiev identifie 3 phases :

  • Période d’expansion (20 ans) = Phase A
  • Le plateau ou récession primaire (10 ans)
  • Période de dépression (20 ans) = Phase B

Selon lui, les mouvements de l’économie ont 3 caractéristiques : Ils affectent l’ensemble des activités économique, ils affectent tout les pays et l’indicateur pour identifier ces mouvements est le prix. (Phase A = Augmentation des prix, Phase B = Période de déflation).

Dans ses travaux, il voit 3 cycles longs :

  • 1er Cycle (1790-1849) : Phase A dure jusque 1814, Phase B 1814-1849
  • 2ème Cycle (1849-1896) : Phase A dure jusque 1873 = augmentation de la production et faibles taux d’intérêts. Phase B 1873-1896 = Grande Dépression (déflation et dépression)
  • 3ème Cycle (1896-...) : Phase A dure jusque 1920, Phase B 1920-1945

Il ne voit pas la fin du cycle du fait de sa déportation en camp de travaux forcés.






Bursts

Les dispositifs panoptiques contemporains se basent sur les théories scientifiques récentes qui étudient les phénomènes de réseau, et le Web 2.0 en particulier. Dans son livre premier livre de vulgarisation, Linked, le mathématicien et physicien A.L. Barabasi, explique comment les réseaux complexes ont une tendance naturelle à se hiérarchiser (cela s'appelle l'invariance d'échelle car le réseau est identique à lui-même quelle que soit l'échelle à laquelle on l'observe, comme un fractal). Le Web, les réseaux sociaux, par exemple, ont des structures fractales, fortement (et très subtilement) hiérarchisées. Dans son dernier livre, Bursts (en français : le jaillissement, la rafale...), Barabasi s'intéresse aux mode de temporalité liés aux réseaux, et à la prévisibilité des comportements humains, dans la mesure où ils font partie intégrante de la société d'hyper-surveillance, par exemple l'étude du déplacement sur Terre des être humains géolocalisés par leur téléphone mobile. Curieusement, c'est à partir du déplacement des animaux en quête de nourriture que l'on est arrivé à comprendre un peu mieux la prévisibilité du comportement humain. Voici par exemple une simulation d'un tel déplacement :

Ces processus de Lévy (Lévy Flights) sont les modes de propagation des animaux qui cherchent à explorer des territoires, ou qui sont en quête de nourriture. Depuis moins de 10 ans, on sait qu'ils correspondent aussi au mode de déplacement des êtres humain et modélisent la temporalité de nombreuses activités humaines, et qu'ils correspondent à des distributions en loi de puissance, i.e. invariantes d'échelle.

 

Ces types de comportement en saccade ont, selon Barabasi, un caractère universel. Chacun aurait l'impression d'agir de manière erratique ou d'avoir son mode d'action qui lui est propre, mais en fait dans la plus grande diversité apparente, on observe des schémas de comportement plutôt prévisibles dans les activités humaines, qui ont tous ces mêmes caractéristiques.

 

Il faut imaginer le schéma ci-dessous comme un parcours dans un espace conceptuel à défricher. Ce parcours se fait de manière saccadée, en bursts. Chaque amas ou cluster en formation est un moment d'effervescence qui correspond à un concept en train d'émerger. Une fois celui-ci délimité, formaté, le trajet, jusqu'à présent homophile, s'écarte de la zone cernée dans un saut hétérophile, et l'exploration se poursuit ailleurs, dans un espace non saturé. Chaque saccade, ou burst, correspondra à un pic de hype, dans l'espace conceptuel.

Un projet de Christophe Bruno et Samuel Tronçon | 2012 | Résurgences | Centre d'Art Contemporain D'Embrun | Propulsé par le framework aktone