La mort du curateur !

ArtWar(e) est une plateforme de gestion des risques artistiques et de curating assisté par ordinateur. Artwar(e) revisite l'histoire de l'art et les pratiques curatoriales, en utilisant des méthodes inspirées du marketing 2.0, d'analyses post-marxiste, et de progrès récents en logique mathématique.

événements

11 avril 2012, 19h, Jeu de Paume : conférence "import-export", avec Christophe Bruno, commissaire de l'exposition Form@ts, Chrystelle Desbordes, historienne de l'art, Samuel Tronçon, philosophe et Sonia Marques et Etienne Cliquet, artistes.

Objectifs dystopiques et limitations utopiques

Un des principaux objectifs d'ArtWar(e) est de visualiser dans les réseaux sociaux, des vagues d’émergence, d’obsolescence, et des phénomènes d’import-export de concepts artistiques, comme de repérer des formats. Contrairement à l’histoire de l’art qui nomme les formes une fois qu’elles sont devenues identifiables et formatées, ArtWar(e) cherche à détecter ces tendances au moment de leur émergence, alors qu’elles n’ont encore aucun nom et qu’elles n’ont pas reçu le label d’art.

 

Il est important de mentionner qu'il s'agit ici à la fois de construire, mais également de mettre en question, un dispositif quelque peu kafkaïen. En effet, ArtWar(e) utilise les outils de surveillance les plus puissants jamais développés, comme Facebook, afin de détecter d'infimes soubresauts du désir et de la vie sociale des formes. Ce contournement des us et coutumes du monde de l'art a donc un prix, celui de cautionner une police de la pensée.

 

ArtWar(e) propose de dévaluer la posture du commissaire d’exposition, dont la « perte d’aura » devient manifeste : dans le dispositif de production-consommation des processus créatifs, il se situe en « bout de chaîne ». Lorsque les processus sous-traités par le dispositif machinique sont incapables de remplir leur rôle et entrent dans une phase d’indécidabilité, le commissaire intervient et interrompt le traitement de façon arbitraire.

 

Pour contrebalancer la dimension dystopique d'un projet potentiellement mortifère qui tendrait à considérer les artistes comme des variables liées ajustables, nous donnons, à la section "Théorie", trois exemples qui relativisent cette entreprise : tout d'abord le Syndrome de Stendhal et des deux cristallisations de l'amour, puis le concept de la friction chez l'historien de l'art Aby Warburg, et enfin la question de l'incomplétude en logique.

Un projet de Christophe Bruno et Samuel Tronçon | 2012 | Résurgences | Centre d'Art Contemporain D'Embrun | Propulsé par le framework aktone