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Analyse de Hype

Apprenez tout de l'analyse de hype appliquée aux concepts artistiques !

Découvrez l'inertie des concepts à travers le temps, leur émergence et leur obsolescence, et comment le plagiat joue un rôle essentiel dans l'histoire de l'art.

Les cycles de hype

Un Cycle de Hype est une courbe montrant le cycle de vie d'une technologie ou d'un concept, de son émergence à son obsolescence.

Comment réaliser une courbe de hype conceptuelle ?

Les cycles de hype ont été introduits au milieu des années 1990 par l'agence Gartner, spécialisée dans le conseil et la recherche dans le domaine des techniques avancées. Leur importation vers le champ de l’art ne se fait pas sans soulever un certain nombre de problèmes. Dans ce qui suit, nous décrivons la méthodologie pour établir à la main, des courbes de hype, pour des artistes, des oeuvres, des concepts, des dualités (chiasmes), puis des réseaux signifiants. Pour l'implémentation dans le contexte des réseaux sociaux et la description de l'application Facebook, reportez-vous à la section Social Net.

Cycle de hype d’un artiste ou d’une oeuvre

La première étape, la plus simple et naturelle, est de commencer à tracer la courbe de sa propre hype ou celle de ses propres productions (artistiques ou autre). Cela peut se faire de deux manières, l’une heuristique et intuitive, l’autre quantitative. La première sera dite “ordinale” et la seconde “cardinale” (en références aux théories néo-classiques de la valeur qui font référence à ces deux types d’évaluations du “désir” du consommateur).

 

Dans la version ordinale, on essaiera par exemple de se rappeler ses propres moments de gloire ou d’oubli et de les classer les uns par rapport aux autres. Cette première approche est bien sûr pleine d’incertitude mais elle donne souvent un premier aperçu de la forme de la courbe que l’on cherche à établir.

 

Dans la version cardinale, on cherche à établir un profil quantitatif. On peut par exemple utiliser des outils de mesure du buzz comme Google Trends ou un autre dispositif d’analyse de tendances. On prendra comme mot-clé le nom d’une personne ou celui d’une oeuvre. Voici un exemple avec les mots-clés “jeff koons”, “damien hirst”, “david hockney” :

 


Si la version ordinale est pauvre quantitativement, la version cardinale constitue bien une mesure de la popularité d’un nom. Mais nous allons voir que cette méthode quantitative atteint vite ses limites. En effet, les cycles qui vont se révéler réellement intéressants, ne peuvent en général pas être associés à un nom ou même une combinaison simple de termes dont on chercherait à mesurer certaines caractéristiques.

 

Cycle de hype d’un concept

La méthode cardinale peut déterminer le cycle de Hype d'un mouvement artistique si celui-ci est suffisamment identifiable. Par exemple, Google Ngram donne une courbe de popularité assez précise pour le Pop Art :

 

Pour un concept en général, la méthode cardinale pose problème. Un nom ou une oeuvre peuvent être auréolés de gloire et sa valeur reflète cet état ; mais cette valeur peut être aussi valeur de scandale, part maudite. Ces oscillations cyclothymiques, “irrésistible ascension” ou “bûcher des vanités”, font partie des objets de notre étude. Mais, comme nous allons le voir, ces variations, ascensions ou déchéances, ne sont que des moments particuliers de transferts de valeur plus généraux, les symptômes de phénomènes qui se produisent sur des échelles plus vastes, dans des registres inter-individuels, voire conceptuels.

 

Même si du point de vue individuel, notre narcissisme tient souvent à nous présenter comme les auteurs des concepts et des oeuvres que nous produisons, il est intéressant de se considérer non pas comme une source de création, mais plutôt comme un point de passage et de transformation des concepts. En consommant, nous transformons et produisons, que nous le voulions ou non. Si, dans ce qui est produit, nous pouvions, par un procédé alchimique quelconque, séparer la part “dupliquée” (allographique) de la part “nouvelle” (autographique), sans doute réaliserions-nous que cette part “nouvelle” - la plus-value - semble infime devant celle qui ne fait que remettre en jeu l’existant. Pourtant c’est à cette part infime, geste minimaliste, translation presque imperceptible, changement de contexte anodin, que l’on assigne souvent aujourd’hui une “valeur” en tant qu’opération artistique.

 

Les épisodes de hype des oeuvres ou des artistes deviennent dès lors des cas particuliers de cycles de hype plus généraux. Le long de ces trajectoires, de ces flux d’import-export, un artiste peut être dépossédé de son concept, un autre peut se ré-approprier un concept existant pour le recontextualiser, une oeuvre peut reposer sur l’hybridation de plusieurs idées, etc. Nous entrons petit à petit dans une tribologie sans fin peuplée de formes syntaxiques et de frictions, dont l’histoire de l’art ne dévoile qu’une part minime. Pour établir un cycle de hype, on ne cherchera plus seulement à suivre la popularité d’un artiste ou d’une oeuvre, mais celle d’un concept ou d’une “combinaison” de concepts. On conçoit dès lors que la méthode cardinale deviennent problématique. Nous verrons cependant plus loin comment élaborer des méthodes quantitatives moins naïves.

 

Dans l'exemple qui suit, la courbe est construite autour d'une oeuvre, par ramifications : on étudie les interactions avec le contexte (antécédents, hybridations, plagiats, génération spontanée...) au cours d’une période donnée. On en déduit, en dosant méthodes ordinales et cardinales, l’esquisse de la courbe de hype d’un des concepts dont l'oeuvre est un représentant. La méthode est ici intuitive, subjective, et ne peut prétendre à aucune validité scientifique

Cycle de hype d’une dualité (chiasme)

En préparation

 

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